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À El Jadida, les déchets semblent avoir obtenu un bail à durée indéterminée…

À El Jadida, les déchets semblent avoir obtenu un bail à durée indéterminée…

Au quartier Benani, les trottoirs ne servent plus seulement aux piétons. Ils sont devenus le tapis rouge d’un invité indésirable : les montagnes de déchets, qui s’y installent avec une sérénité déconcertante, comme si elles avaient reçu les clés du quartier.
Le mal, tel une marée silencieuse, déborde désormais bien au-delà de Benani et gagne progressivement plusieurs quartiers de la ville. À chaque lever du jour, les sacs d’ordures fleurissent là où l’on espérait voir éclore la propreté, tandis que les odeurs composent un parfum dont les habitants se seraient volontiers passés.
À croire que les déchets ont trouvé un refuge plus stable que bien des citoyens. Quant aux responsables, leur silence ressemble à un balai oublié dans un coin : présent en théorie, invisible dans la pratique.
Les habitants n’attendent pourtant pas un miracle, mais simplement que la ville cesse de porter ce manteau de détritus et retrouve le visage digne qu’elle mérite.

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