
« “Safar” : errance tragique et quête de soi envoûtent le public d’El Jadida »
El Jadida – Donnée en soirée au théâtre Afifi, la pièce « Safar, ou le voyage en quête de soi », interprétée par des étudiants de la Faculté des lettres et des sciences humaines Chouaïb Doukkali, a réuni un public nombreux, majoritairement composé d’universitaires. Inscrite dans un registre tragique, l’œuvre met en scène un groupe de voyageurs que le hasard réunit dans une odyssée absurde et inopinée, dépourvue de repères quant à son itinéraire comme à son issue. Pris au piège d’une forêt hostile, les protagonistes se retrouvent suspendus à une attente indéfinie, espérant une intervention salvatrice susceptible de dissiper leur égarement et d’apporter des réponses aux interrogations existentielles qui les assaillent. Au cœur de cette errance émergent des tensions vives, cristallisées autour de détails anodins en temps ordinaire, mais qui, dans ce contexte de dérive, agissent comme des révélateurs. Les personnages sont ainsi conduits à une relecture de leurs priorités, de leurs capacités et de leur rapport à l’existence. Porté par une introspection verbalisée, chaqué voyageur donne à entendre ses tourments intérieurs et ses questionnements, dans un cheminement qui transforme progressivement l’exploration géographique en une quête introspective, orientée vers la découverte de soi et des mondes intimes. La représentation s’est distinguée par la qualité d’interprétation des comédiens, dont la cohésion et la maîtrise témoignent d’un travail préparatoire rigoureux et d’une réelle maturité artistique. Le dispositif scénique s’est également illustré par un usage maîtrisé et signifiant des technologies numériques et du mapping, conférant à la scène une capacité à superposer temporalités et espaces hétérogènes. L’intégration de musique jouée en direct dans la plupart des tableaux a par ailleurs renforcé la dynamique émotionnelle de la pièce, accompagnant les variations de jeu des acteurs et instaurant une interaction sensible avec le public. La mise en scène est signée Hamza Benhida, avec une scénographie et des effets visuels conçus par Ilyas Rahni, sous la supervision de Mohamed Sabri et Az Arab Idrissi Azmi. Mohamed LOKHNATI




