CULTURE

Entretien: Les 5,Q dans le cinéma marocain

Les 5,Q dans le cinéma marocain
Entretien avec la réalisateur marocain et hollywoodien Hicham hajji

Par Abderrahim ECHCHAFII – journaliste de la presse cinéma

Monsieur Hicham Hajji vous êtes un scénariste, réalisateur et producteur marocain et hollywoodien parlez-nous de votre dernier film et de vos expériences cinématographiques au Maroc ?

Avant de parler de mes films, mon expérience dans le cinéma au maroc date depuis 2005 où j’ai commencé a travaillé au plus bas de l’échelle. J’ai commencé ma carrière en tant qu’assistant de production, coursier, chauffeur, pour décider de devenir 2eme assistant réalisateur qui m’a fait découvrir le vrai métier pour évoluer ensuite en tant que 1er Assistant Réalisateur, puis directeur de production, puis producteur et par la suite realisateur
Donc je me suis forger depuis le bas de l’échelle en travaillant avec presque toutes les productions et de nombreux réalisateurs Marocain jusqu’à ce que je décide un jour que je pouvais faire pareil, et c’est la ou j’ai créé ma société de production H Films
Et ce n’est qu’après avoir produit plusieurs films et spot publicitaire et que je me suis fait un CV respectable que je suis parti a Hollywood.

Comment voyez vous la production cinématographique au Maroc par rapport au monde arabe ?

Je ne pourrai jamais comparer au cinéma du monde arabe car je ne le connais pas. J’ai grandi avec le cinéma américain, et c’est le cinéma que j’ai toujours rêvé de faire. Le Maroc a un cinéma assez récent, et la génération d’avant nous a fait beaucoup pour que ce dernier voit le jour, maintenant c’est à nous d’en faire une industrie.

Est-ce que vous les productions cinématographiques et télévisuelles au Maroc ajoutent quelque chose d’intellectuel et d’humain au peuple marocain ou s’agit-il simplement de profits matériels qui n’ont rien à voir avec les gens ?

Alors justement, beaucoup de cinéastes pensent, ou veulent, faire de films « humains » qu’ils appellent films d’auteurs, pour parler des problèmes de société, il y en a qui le font plus ou moins bien, et d’autres qui profitent d’un système de financement pour faire leur petit film et raconter leur histoire sans se soucier réellement de ce que veulent les gens. Personnellement je pense qu’il y a assez de misère et de problèmes de société connus par tous, et qu’il faut faire un cinéma plus commercial qui va permettre aux gens d’aller consommer un cinéma Marocain en allant dans les salles, mais aussi savoir faire un cinéma intellectuel qui a du soft power mais qui serait aussi commercial afin de créer une industrie. Parce qu’on peut pas dire qu’on a une industrie tant que ces dits films marocains ne sont pas rentables. Et pour que ça soit rentable, il faut que ça donnent envie aux gens d’aller les voir en payant leurs tickets.

Quels sont les obstacles rencontrés par les cinéastes au Maroc, et y a-t il un monopole sur ce métier de la part de bak Sahbi ?

C’est quoi Bak Sahbi? Moi je dirai NTA SAHBI. Bak on s’en fou.
Évidement qu’on veut faire des films avec nos amis avec lesquels on a travaillés et dont on a entière confiance. Évidement j’ai envie de travailler avec mes amis dans tous les secteur dont je sais qu’ils vont livrer leur projet. Non j’ai pas envie de travailler avec quelqu’un qui promet des lunes et qui quitte le projet ou que je vire à la moitié du film. Il y a tellement de ces gens là.
Moi j’ai commencé tout en bas de l’échelle, jamais mon père n’a intervenu pour que je rentre dans ce métier. D’ailleurs même si un ami me propose de faire travailler son fils, je le mettrai tout en bas de l’échelle et verrai ce qu’il vaut, et s’il est pas bon, je ne le reprendrai plus. Et s’il est bon tant mieux. On est toujours à la recherche de gens séreux, talentueux et qui travaillent dure, peu importe qui les recommandent, que ça soit leur père, ou même le chauffeur de production. On essaie de donner la chance à ceux qu’on nous promet prometteurs.

Est-il possible de parler de l’existence d’une industrie cinématographique au Maroc, comme certains le prétendent, ou s’agit-il seulement de productions sur la pointe des pieds ?

Comme je l’ai dit plus haut, pour parler d’une industrie, il faut parler d’un cinéma rentable, et on en est pas encore là. Pour l’instant, 95% des films marocains sont entièrement financé par le Centre Cinématographique Marocain. Pour parler d’une industrie, il faudra de l’investissement privé et des recettes ce qui donnera envie aux investisseurs de réinjecter des fonds.

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Mohamed LOKHNATI

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