
Formation en temps aménagé
-« Il s’agit d’adapter l’organisation des études aux réalités des professionnels », précise le Pr. Sahibe Eddine Abdelhak, coordinateur du réseau des ENCG
El Jadida— À l’approche de la rentrée universitaire 2026-2027, la question de la formation en temps aménagé suscite un intérêt croissant auprès des salariés, cadres, entrepreneurs et professionnels désireux de poursuivre ou de reprendre leurs études tout en conservant leur activité.
Pour mettre fin aux amalgames autour de ce dispositif, Sahibe Eddine Abdelhak, coordinateur du Réseau des Écoles Nationales de Commerce et de Gestion du Royaume, apporte des précisions sur sa philosophie, son fonctionnement et son articulation avec la formation de base et la formation continue
–L’Opinion : Pourquoi le Réseau a-t-il souhaité clarifier la question du temps aménagé ?
-Sahibe-Eddine Abdelhak : Il était important d’apporter une information claire et précise au public, notamment aux salariés, professionnels, entrepreneurs et personnes qui souhaitent concilier leurs études avec leurs obligations professionnelles ou familiales.
Le temps aménagé répond à une évolution des besoins. Il permet à certaines catégories de poursuivre leur parcours universitaire selon une organisation compatible avec leurs contraintes professionnelles, sans remettre en cause les exigences académiques de la formation
–L’Opinion: Peut-on considérer le temps aménagé comme une nouvelle forme de formation ?
-Sahibe Eddine Abdelhak : Il faut surtout le comprendre comme une modalité d’organisation du temps d’études. Le principe est simple : permettre à des personnes qui travaillent ou qui ont d’autres obligations de poursuivre leur formation selon des horaires adaptés.
Il ne s’agit donc pas de créer une formation « au rabais », mais de proposer une organisation pédagogique différente, répondant à des besoins spécifiques
–Question : Cette organisation modifie-t-elle les exigences académiques ?
-Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak : Non. Le temps aménagé ne signifie pas automatiquement une diminution du contenu des programmes, des exigences pédagogiques, des modalités d’évaluation ou des examens.
Lorsqu’il est organisé dans le cadre d’un parcours accrédité et conformément aux dispositions réglementaires et académiques en vigueur, il relève de la formation de base et peut conduire à l’obtention d’un diplôme national, sous réserve du respect de l’ensemble des conditions requises
–Question : Quelle différence faut-il établir avec la formation continue ?
-Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak : C’est une distinction essentielle. La formation en temps aménagé et la formation continue ne recouvrent pas la même réalité.
Le temps aménagé concerne principalement l’organisation du temps consacré aux études. La formation continue, pour sa part, constitue une catégorie de formation autonome, soumise à des dispositions spécifiques.
Il est donc important de ne pas confondre les deux dispositifs
–Question : Pourquoi ce dispositif répond-il particulièrement aux besoins des professionnels ?
-Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak : Le monde professionnel connaît des transformations rapides. Les métiers évoluent, les compétences se renouvellent et les organisations doivent s’adapter aux mutations économiques, managériales et numériques.
Dans ce contexte, il devient essentiel de permettre aux professionnels d’actualiser leurs connaissances et, lorsque cela correspond à leur projet, de reprendre un parcours académique dans une spécialité cohérente avec leur activité
–Question: Cette formule implique-t-elle des contraintes supplémentaires pour les établissements ?
–Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak : Oui, nécessairement. Organiser des enseignements selon des horaires adaptés suppose une mobilisation particulière des équipes pédagogiques, administratives et techniques.
Cela peut également nécessiter l’ouverture des infrastructures et la mise à disposition de services pédagogiques, numériques et logistiques en dehors des horaires habituels. Ces efforts sont précisément destinés à offrir aux publics concernés des conditions d’études compatibles avec leurs obligations professionnelles
–Question : Quelles garanties doivent accompagner ce dispositif ?
–Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak : La première garantie est la transparence. Les candidats doivent disposer d’une information claire sur les différents régimes de formation, leurs conditions et leurs exigences.
Il faut également préserver la qualité de l’encadrement, de l’évaluation et des enseignements, tout en respectant les normes académiques et pédagogiques applicables. La valeur scientifique des diplômes doit naturellement être préservée
–Question: Que répondez-vous à ceux qui craignent une confusion entre les différents parcours ?
–Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak : C’est précisément pour éviter cette confusion que nous insistons sur les distinctions entre formation de base en temps ordinaire, formation de base en temps aménagé et formation continue.
Chaque dispositif répond à une logique particulière. Le temps aménagé ne doit pas être interprété comme une dérogation aux exigences académiques, mais comme une organisation différente du temps d’apprentissage
–Question: Au-delà de cette clarification, quelle vision porte le Réseau ?
–Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak : Notre ambition est de contribuer à une offre de formation diversifiée, de qualité et davantage en phase avec les besoins des étudiants comme avec ceux du monde professionnel.
La formation tout au long de la vie est aujourd’hui un enjeu majeur. Donner aux professionnels la possibilité de poursuivre leurs études tout en maintenant leur activité participe à l’adaptation des compétences et, plus largement, à l’accompagnement des transformations économiques et numériques du Royaume
–Question: Quel message souhaitez-vous finalement adresser aux candidats ?
–Réponse de Sahibe Eddine Abdelhak: Le message est simple : il faut s’informer précisément et ne pas confondre les différents régimes de formation.
Le temps aménagé répond à un besoin réel : permettre à des professionnels de poursuivre leurs études dans des conditions compatibles avec leur activité, tout en maintenant les exigences académiques et la qualité de la formation. C’est dans cet équilibre que réside tout l’intérêt du dispositif.
Cette version est prête pour une publication presse, avec un ton plus incarné autour de l’interviewé et un rythme proche d’un entretien d’agence
•Réalisé par Mohamed LOKHNATI




