
Association des barreaux du Maroc : le président alerte sur « un texte né d’une crise » et appelle à une réponse institutionnelle
Par Mohamed LOKHNATI
RABAT – Dans une déclaration empreinte de gravité, le président de l’Association des barreaux du Maroc a affirmé, lors de la conférence de presse organisée jeudi à Rabat, que le nouveau Code de la profession d’avocat « est né d’un processus entaché d’irrégularités et de blessures », soulignant que la crise dépasse le cadre corporatiste pour interroger la manière dont les institutions gèrent le désaccord
Une crise révélatrice
Le président a rappelé que les avocats avaient participé activement au dialogue institutionnel, allant jusqu’au niveau de la primature, et obtenu des accords considérés comme des engagements officiels. « Puis il s’est avéré que ce qui avait été convenu n’a pas été respecté dans le texte final », a-t-il déploré, ajoutant que la question ne porte plus seulement sur des articles de loi, mais sur « la valeur de la parole publique »
Indépendance et garanties citoyennes
Le cœur du différend, a-t-il expliqué, concerne l’indépendance de la profession, l’autonomie des instances représentatives, les conditions d’accès et de formation, ainsi que la présence des cabinets étrangers et la protection de la défense. « L’indépendance de l’avocat n’est pas un privilège, mais une garantie pour le citoyen lorsque sa liberté ou ses droits sont en jeu », a-t-il insisté.📜 La question constitutionnelle en suspensLe texte avait été soumis à la Cour constitutionnelle, mais sans décision de fond. « La porte de la régulation a été ouverte, mais personne ne l’a franchie », a-t-il regretté, soulignant que l’absence de réponse constitutionnelle laisse un vide institutionnel majeur.
Pas de confrontation avec l’État
Le président a rejeté toute lecture assimilant la crise à une opposition entre avocats et État : « Nous ne sommes pas en confrontation avec l’État, nous en sommes une composante. L’histoire de la profession témoigne de son rôle dans les luttes de libération, la défense de l’unité nationale et la consolidation des institutions démocratiques. »
Responsabilité politique et appel au sursaut
Il a imputé à l’exécutif la responsabilité politique et institutionnelle de l’échec dans la gestion de ce dossier, estimant que « le gouvernement a failli dans la conduite d’un texte de cette importance, au prix d’une crise qui a épuisé la profession, alourdi la justice et pénalisé les justiciables ».
Le président a conclu en appelant les institutions compétentes à intervenir pour « rendre au texte sa légitimité, à la justice son équilibre et à la profession sa mission ». « Nous ne cherchons ni privilège ni victoire sur quiconque. Nous voulons une profession forte par la loi, indépendante dans la loi et capable de défendre le citoyen grâce à la loi », a-t-il martelé.Je peux approfondir encore la dépêche en développant les axes relatifs à la responsabilité gouvernementale, la portée citoyenne de l’indépendance de la défense, ou les conséquences sur la justice et les justiciables.




