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Entretien avec Abdeljabbar Belharcha : « Le Moussem Moulay Abdellah Amghar, entre héritage séculaire et nouvelle ambition »

Entretien avec Abdeljabbar Belharcha : « Le Moussem Moulay Abdellah Amghar, entre héritage séculaire et nouvelle ambition »

Plus qu’un rendez-vous populaire, le Moussem Moulay Abdellah Amghar s’affirme, édition après édition, comme une véritable vitrine du patrimoine marocain et un puissant moteur d’attractivité territoriale. Affluence, programmation artistique, valorisation de la fantasia, animation commerciale et amélioration de l’accueil : l’édition 2026 a franchi un nouveau cap. Au cœur de cette dynamique, une volonté clairement assumée : faire dialoguer l’authenticité d’un héritage séculaire avec les exigences d’un événement culturel de dimension nationale. Abdeljabbar Belharcha, directeur artistique et commercial du Moussem, livre son regard sur cette édition, en dresse le bilan et dévoile les ambitions qui doivent désormais accompagner son rayonnement

Question : Après cette édition, quel regard portez-vous sur le Moussem Moulay Abdellah Amghar ?
Abdeljabbar Belharcha : Nous pouvons être fiers du chemin parcouru. Cette édition a confirmé la formidable capacité du Moussem à rassembler, à émouvoir et à créer une véritable dynamique autour du patrimoine marocain. Mais au-delà de l’affluence, qui témoigne de l’attachement du public à cet événement, je retiens surtout la qualité de l’organisation et la diversité des expériences proposées aux visiteurs.
Le Moussem est une manifestation profondément enracinée dans notre histoire. Notre responsabilité était donc de préserver cette authenticité tout en lui apportant une organisation à la hauteur de son rayonnement

Question : Vous parlez d’une nouvelle dynamique. Qu’avez-vous voulu changer ou améliorer ?
Abdeljabbar Belharcha : Nous avons voulu changer de perspective. Il ne s’agissait pas simplement d’organiser une nouvelle édition, mais de penser le Moussem comme un véritable écosystème culturel, artistique et économique.
Chaque composante devait contribuer à l’expérience globale du visiteur : l’accueil, les espaces, la programmation, les activités commerciales, la logistique et l’animation. C’est cette cohérence qui permet à un événement traditionnel de franchir un nouveau palier.

Question : Le public a largement répondu présent. Est-ce, pour vous, le meilleur indicateur de réussite ?
Abdeljabbar Belharcha : C’est certainement l’un des indicateurs les plus importants. Voir des familles, des jeunes, des passionnés de fantasia et des visiteurs venus de différentes régions se retrouver autour du Moussem est une grande satisfaction.
Mais une forte fréquentation implique aussi une grande responsabilité. Plus le public est nombreux, plus nous devons être exigeants en matière d’organisation, de sécurité, de services et de qualité d’accueil.

Question : La dimension artistique semble avoir occupé une place particulière cette année. Pourquoi ce choix ?
Abdeljabbar Belharcha : Parce que la culture doit être vivante. Le Moussem possède une identité artistique et patrimoniale très forte, mais cette identité doit pouvoir dialoguer avec les goûts et les attentes du public actuel.
Nous avons donc privilégié une programmation diversifiée, capable de réunir différentes générations et de faire de la scène artistique un espace de partage et de célébration de la richesse culturelle marocaine.
Question : Vous insistez également sur la dimension économique. Le Moussem peut-il devenir un véritable levier de développement local ?
Abdeljabbar Belharcha : Il l’est déjà, mais son potentiel reste considérable. Une manifestation de cette envergure génère de l’activité pour les commerçants, les artisans, les restaurateurs, les prestataires de services et de nombreux autres acteurs.
L’enjeu, à présent, est de mieux structurer cette dynamique afin que le rayonnement culturel du Moussem se traduise encore davantage par des retombées économiques durables pour le territoire

Question : Votre approche accorde une place importante à l’investissement et à l’innovation. Quelle est votre vision ?
Abdeljabbar Belharcha : Je suis convaincu que l’investissement dans la culture est un investissement dans l’avenir. Nous devons encourager les compétences, les idées nouvelles et les initiatives capables de donner une nouvelle dimension à nos manifestations nationales.
L’innovation ne signifie pas tourner le dos à la tradition. Au contraire, elle doit nous permettre de mieux la préserver, de mieux la transmettre et de mieux la faire connaître

Question : Quel est, selon vous, le principal acquis de cette édition ?
Abdeljabbar Belharcha : Le principal acquis est d’avoir démontré qu’il est possible de conjuguer patrimoine et modernité. Le Moussem reste profondément attaché à ses racines, mais il peut également répondre aux standards d’un grand événement culturel moderne.
Cette édition nous donne surtout une responsabilité supplémentaire : celle de faire encore mieux demain

Question : Et demain, justement, quel Moussem souhaitez-vous construire ?
Abdeljabbar Belharcha : Un Moussem toujours plus professionnel, plus attractif et plus rayonnant, mais surtout un Moussem qui demeure fidèle à son âme.
Notre ambition est d’en faire une référence nationale en matière de valorisation du patrimoine, d’animation culturelle et de développement territorial. Si nous parvenons à transmettre cet héritage aux nouvelles générations tout en l’inscrivant dans les réalités de notre époque, alors nous aurons pleinement réussi notre mission.

Réalisé par Mohamed LOKHNATI

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